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Quand plusieurs routes s’offriront à toi et que tu ne sauras pas laquelle choisir, n’en prends pas une au hasard, mais assieds-toi et attends, respire profondément avec confiance, sans te laisser distraire par rien, attends encore et encore, ne bouge pas, tais-toi et écoute ton cœur, puis quand il te parle, lève toi et va où il te porte (Susana Tamaro)
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(L'Etang de la Mauldre, Saint Rémy l'Honoré)
« Etre philosophe, ce n’est pas seulement avoir des pensées subtiles, ni même fonder une école, c’est aimer la sagesse à tel point que l’on vit selon ses exigences : une vie de simplicité, d’indépendance, de générosité, de confiance. C’est résoudre quelques-uns des problèmes de la vie, non seulement en théorie, mais aussi en pratique. (Thoreau)
Ton poème
Ton poème, m’a dit l’enfant, J’en ferai un petit bateau, Et il ira si loin sur l’eau En bavardant avec les vents, Il contournera tant d’îlots Qu’il rencontrera le cobra Qui joue de la flûte d’ébène Pour faire danser les rajas Dont tu parles dans ton poème.
Maurice Carême
Vendredi 18 Mai 20121 commentaire(s)
La source Le sommeil qui se pose sur les yeux de Bébé, quelqu'un sait-il d'où il vient ? Oui, le bruit court que dans la forêt ombreuse il habite un village de fées, éclairé par les vers luisants. Là, deux boutons de pavot enchanté s'ouvrent comme en émoi : c'est de là que le sommeil part pour venir baiser les yeux de Bébé. Le sourire qui palpite sur les lèvres de Bébé, quand il sommeille, quelqu'un sait-il où il est né ? Oui, le bruit court qu'un rayon jeune et pâle du croissant de la lune effleura le bord d'une nuée d'automne prête à disparaître et là, dans le rêve d'un matin trempé de rosée, naquit le sourire qui palpite sur les lèvres de Bébé quand il sommeille. La fraîcheur douce et veloutée qui s'épanouit sur les membres de Bébé, quelqu'un sait-il où elle a été cachée si longtemps ? Oui, quand sa mère était jeune, la fraîcheur douce et veloutée qui s'épanouit aujourd'hui sur les membres de Bébé emplissait son cœur virginal : tendre et silencieux mystère d'amour ! Rabindranath Tagore(extrait de La mère et l’enfant)
Tags associés : Beaux, philosophiques, spirituels, source
Jeudi 17 Mai 2012Poster un commentaire
Le Berceau Dans la chambre paisible où tout bas la veilleuse Palpite comme une âme humble et mystérieuse. Le père, en étouffant ses pas, s'est approché Du petit lit candide où l'enfant est couché, Et sur cette faiblesse et ces douceurs de neige Pose un regard profond qui couve et qui protège. Un souffle imperceptible aux lèvres, l'enfant dort, Penchant la tête ainsi qu'un petit oiseau mort, Et, les doigts repliés au creux de ses mains closes, Laisse à travers le lit traîner ses bras de rosé. D'un fin poudroiement d'or ses cheveux l'ont nimbé, Un peu de moiteur perle à son beau front bombé, Ses pieds ont repoussé les draps, la couverture, Et libre maintenant, nu jusqu'à la ceinture, II laisse voir, ainsi qu'un lis éblouissant La pure nudité de sa chair d'innocent. Le père le contemple, ému jusqu'aux entrailles... La veilleuse agrandit les ombres aux murailles ; Et soudain, dans le calme immense de la nuit, Sous un souffle venu des siècles jusqu'à lui, II sent, plein d'un bonheur que nul verbe ne nomme, Le grand frisson du sang passer dans son cœur d'homme.
Albert Samain (extrait de La mère et l’enfant)
Jeudi 17 Mai 20122 commentaire(s)
L’oiseau de clarté
"Avec un morceau de journal, Leur dit cet enfant peu banal, Je fais un oiseau de clarté." Il l'enferma dans une cage. "Vous verrez, lorsque je crierai Simplement le mot : liberté ! Mon oiseau blanc va s'envoler." Les gens riaient un peu gênés De crainte de le détromper. Mais il fallut voir leurs visages Lorsque l'enfant ouvrit la cage.
Maurice Carême
Mercredi 16 Mai 2012Poster un commentaire
Bretagne
Des bans de granit rose Baignés de lacs turquoise Cernés de galets ardoise.
Sur un menhir lissé Des lichens incrustés, Jaune safran, Les siècles passés.
(Rolande Causse)
Mardi 15 Mai 2012Poster un commentaire
L’oiseau le plus curieux
L'oiseau le plus curieux Est l'hirondelle bleue
Qui va, de fil en fil, Entre deux moucherolles,
Écouter le babil Des moulins à paroles.
L'oiseau le plus curieux Est l'hirondelle bleue
Qui peut, dès le printemps, Plein soleil ou plein vent,
Savoir jusqu'à l'automne A qui tu téléphones.
Pierre Coran
Dimanche 13 Mai 20121 commentaire(s)
Merci à Nature et Poèsie !!!
Pour Saxousaxo et Biribibi
Samedi 12 Mai 2012Poster un commentaire
La bonne question
- Si j’ai bien compris, Samuel, ton ambition est d’être un jour le maître le plus vénérable de Varsovie et sa banlieue. - En effet, rabbi, je l’avoue. J’aimerais être assez savant pour qu’aucune question au monde ne puisse me clouer le bec. Je veux avoir réponse à tout. - Et donc pour cela, mon garçon, tu apprends par cœur le Talmud. - J’en ai lu déjà cent-deux pages et quatorze lignes et demi. - Félicitations, Samuel. Tu auras donc, assurément, la réponse à l’énigme simple que j’aimerais te proposer. Veux-tu l’entendre ? - Volontiers.
- Ecoute donc, et imagine. Deux malfaiteurs, une maison. A l’intérieur, un coffre-fort. Toutes les issues sont fermées. Par où passer ? Ils s’interrogent. Ils trouvent : par la cheminée. Ils escaladent une gouttière, trottent sur le faîte du toit, se faufilent dans le conduit, tombent dans les cendres de l’âtre. Ils se relèvent. Ils se regardent. L’un est noir de suie, l’autre non. Il est propre comme un sou neuf Lequel des deux va se laver ? - Trop facile, rabbi. Le noir. - Erreur, Samuel. Réfléchis. Le noir voit son compère blanc. Il se croit donc semblable à lui. Mais le blanc, voyant l’autre noir, s’imagine noir, comme lui. Tu me suis ? Alors, qui se lave ? - Le blanc, rabbi. - Mais pas du tout ! Le blanc va se laver, d’accord. Logiquement, que fait le noir, quand il voit l’autre sous la douche ? - Oui, bien sûr, il y va aussi. Ils se lavent donc tous les deux. - Samuel, mon fils, reste calme. Respire bien. Concentre-toi. Tu vois, je ne m’énerve pas, mais sacré bon sang de bonsoir, ne tire pas trop sur la corde. Je répète donc ma question. Deux voleurs (non, je ne crie pas) descendent par la cheminée. L’un arrive noir, l’autre blanc. Qui va se laver, mille diables ? - C’est pas les deux ? - Non, non et non ! Le noir ne va pas se laver puisqu’il voit son compère blanc. Et pourquoi le blanc irait-il quand le noir n’y va même pas ? Tu as compris, tête de mule ? - Oui, oui, rabbi, c’est bon, c’est clair, tout va bien, aucun ne se lave. - Tu sais que tu me désespères ? Non, je ne veux pas te froisser, mais tu me sembles bien parti pour le balayage des rues les jours de grand vent sur la ville. Bougre de borgne du cerveau, deux voleurs, une cheminée. Imagine. Visualise. L’un est noir de suie, c’est normal. Comment l’autre pourrait-il être, le cul dans l’âtre, immaculé ? Avant de penser aux réponses, tu dois apprendre, mon garçon, à poser les bonnes questions. Le chemin du savoir est long. Tu n’es qu’au seuil de ta maison. Un pas après l’autre. On commence.
(Henri Gougaud, Le livre des chemins)
http://www.henrigougaud.fr
Samedi 12 Mai 20121 commentaire(s)
Un grand merci à Nature et Poèsie pour ces superbes citations en image
Samedi 12 Mai 20121 commentaire(s)
Extrait du livre « La joie par l’évangile » De Marcelle Auclair
« La parole du Christ est pour nous une nourriture indispensable. Elle suffit à dilater notre cœur, à emplir notre bouche d’une salive délicieuse, à dissiper nos fatigues, nos inquiétudes, à nous guider à tous les instants, à nous immobiliser soudain dans l’amour, comme frappés de la foudre. »
« Ce n’est pas en levant les yeux vers d’inaccessibles empyrées, ni même, plus proches, vers les nuées qui d’après tant de peintres grands et petits servent de siège à l’Eternel, que nous le trouverons : Il est en nous, tapi au fond de notre cœur. C’est les yeux clos que nous pouvons le vor. Il est là, intime frémissement. »
« Le Christ est venu essentiellement apporter la paix aux hommes et au monde. De cette paix, nous ne savons que faire : nous voyons trop grand, par facilité. Il nous est facile de considérer, avec un regret de bon ton, que la paix universelle est irréalisable, qu’il nous est impossible de l’imposer à des nations, souvent des continents en conflit. En revanche, il nous est difficile de nous regarder en face et de constater que nous sommes tout aussi incapables, non seulement de susciter la paix dans notre entourage le plus proche, mais en nous-mêmes. Le cœur, la conscience de la plupart des humains sont un champ de bataille, à moins qu’ils ne soient de ces marécages ou l’espoir s’enlise. »
« C’est la peur, la peur paralysante qui est à l’origine de nos chagrins, de nous malheurs, y compris de nos maladies : « J’ai peur de la peur qui fait peur… » ce vieux dicton français en dit plus long que les psychologues et psychiatres. » « Le tracas, le tracassin, le souci, sont la menue monnaie de la peur ; leur accumulation n’en finit pas moins par faire de grosses sommes ; ceux qui s’y abandonnent mènent une existence survoltée, épuisante, dévorante, dont la rançon peut être aussi bien l’ulcère de l’estomac que la dépression nerveuse ou l’infarctus du myocarde. Tout cela est si bête qu’il suffit parfois à certains « tracassés » d’une pilule pour voir en rose ce qu’ils voyaient en noir. Refusons-nous à toutes les formes grandes et petites de la peur ; Jésus nous aidera à ne rien craindre, ni pour nous-mêmes ni pour ceux que nous aimons. »
« Je tends à croire que la source de la plupart de nous faiblesses est à chercher dans ce fait que nous ne croyons ni jusqu’au bout, ni sur assez large : s’arrêter de croire une seconde trop tôt peut suffire à ruiner tout l’édifice que nous construisons. » (Teilhard de Chardin)
Le chemin du Paradis
En ce moment, j’étais vieux, j’étais sur la terre, Sur la terre humide. Mais tout à coup je me semblais hors de la terre.
Je sentais mon âme s’envoler dans le ciel bleu Egayé par le beau soleil. J’étais mort. Je marchais sur le chemin de la mort, un chemin De nuages bordé de roses. Mon corps était resté sur terre. Il était mangé d’insectes. Tout à coup je vis un visage formé de nuages, C’était le visage du Christ. Je pensais à ma famille, c’était sinistre. Je marchais, je marchais sans cesse Afin d’arriver au ciel. J’étais arrivé, je suis content (écrit pas un enfant de 7 ans)
« Intérieurement » nous voilà affrontés à une autre forme d’abandon, à un autre esprit de pauvreté, la pauvreté intérieure … le refus du moi-moi-moi. Le renoncement à toute vanité intellectuelle et surtout spirituelle. Le consentement à ce qui est peut être ce qu’il y a de plus difficile au monde : être une page blanche sur laquelle Dieu écrit ce qu’il veut. »
« Posséder la paix, c’est déjà posséder Dieu. C’est pourquoi il est si difficile de la faire régner en ce monde. La paix devrait rayonner de tous les chrétiens. Mais pour irradier la paix, il faut avoir soi-même la paix du corps, la paix du cœur, la paix de l’âme. »
« La tolérance n’est pas égocentrique, Elle n’est pas égoïste, Elle n’est pas sectaire, Elle n’est pas raciste Elle n’est pas rigoriste. »
« Croire en soi est la seule façon de s’aimer soi-même. Et croire en soi, c’est croire en celui qui nous a fait ce que nous sommes. »
Vendredi 11 Mai 2012Poster un commentaire
Jeudi 10 Mai 2012Poster un commentaire
« Simone Weil a écrit : « La plénitude de l’amour du prochain c’est simplement d’être capable de lui demander : « Quel est ton tourment ? » On peut ajouter : et ne pas hésiter à lui avouer notre tourment à nous. Car l’amour du prochain avant tout, est échange. L’échange est difficile entre gens qui se croient différents les uns des autres ; supérieurs ou inférieurs, le problème est le même. Si un jour le monde trouve la paix ; c’est parce que l’homme aura appris à communiquer avec l’homme. » (extrait du livre "La joie par l'évangile)
Tags associés : Beaux, philosophiques, spirituels, paix
Jeudi 10 Mai 20121 commentaire(s)
La couleur s’écoute
Sous la voûte végétale volent les insectes bruns comme brindilles et bruissent au-dessus des flaques transparentes
Sur le parterre les myosotis pointent leurs pétales Plainte - de petits pieds les écrasent
Dans l'ondulation des vagues la barque écaillée de bleu bat le rythme marin
Au grincement des cordes la déesse danse parée d'un damier gorge-de-pigeon et ventre de biche
Sur un rideau de soie garance les gammes harmonieuse glissent Rires clairs, échos de joie Rolande Causse
Mercredi 09 Mai 20121 commentaire(s)
Rivière-miroir
Tranquillement elle suit son trajet, Là une ride, ici un reflet Ô la belle rivière ! Ô le sable clair !
Tourbillons d'eau qui nous emporteraient, Fleurs à la dérive ou poissons d'or – Comme un enfant voudrait Vivre en ce décor !
Robert Louis Stevenson
Mardi 08 Mai 2012Poster un commentaire
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